Le salon de ma maison ardéchoise respire le luxe discret. Cheminée crépitante, tapis persan sous mes pieds nus, fauteuils en cuir souple patinés par le temps. J’ai retapé ces lieux moi-même, y infusant un raffinement qui tranche avec la sauvagerie des Cévennes dehors. Karolina est là, trench-coat ôté, jupe noire moulante, bas de soie noire luisants sous la lumière tamisée. Ses yeux noirs me défient, lèvres rouges entrouvertes. Le dîner – confit de canard fondant, Irouléguy corsé – a laissé un arrière-goût fruité sur ma langue. Elle a bu mon whisky, jambes croisées, nylon froissé comme une invitation muette. Je la fixe, sentant la tension monter. Son parfum, musc et vanille, envahit l’air. ‘Tu es à moi ce soir’, murmuré-je, voix basse, sophistiquée. Elle hausse un sourcil, sourire carnassier. Le décorum craque déjà. Je décide : ce corps, je le prends. Malgré les menaces, les photos, l’espionnage industriel. Le désir l’emporte. Je m’approche, effleure sa cuisse gainée de soie. Frottement électrique, peau chaude dessous. Elle ne recule pas. Au contraire, ses doigts agrippent mon poignet.
Ses lèvres s’écrasent sur les miennes, voraces. Langues qui dansent, whisky partagé, goût âcre et sucré. Je la plaque contre le mur, mains dans ses cheveux courts, tirant juste assez pour qu’elle gémisse. ‘Salope suisse’, grogné-je, mordant son cou pâle. Elle rit, rauque : ‘Baise-moi comme une pute, Beaumanoir.’ Chemise arrachée, mes seins contre les siens, lourds, fermes, tétons durs comme des diamants. Je les malmène, pince, suce, tandis qu’elle glisse une main sous ma jupe, doigts experts sur mon clito gonflé. ‘T’es trempée, chérie.’ Sa voix, accent germanique, rend ça obscène. Je la jette sur le tapis, bas intacts, culotte virée. Bouche sur sa chatte rasée, lèvres gonflées, jus acide-salé. Elle cambre, ongles dans mon dos, griffures brûlantes. ‘Lèche plus fort, putain !’ Je m’exécute, langue fouillant, klaxonne son bouton. Ses cuisses tremblent, soie contre mes joues. Puis elle me renverse, à califourchon. Doigts en moi, trois d’un coup, va-et-vient brutal. ‘Tu kiffes ça, hein, ta chatte serre.’ Je jouis la première, cri primal étouffé par ses seins. Elle accélère, me démonte. Silence feutré brisé par claques humides, halètements, ‘Oui, défonce-moi !’ On roule, sueur perlante, corps luisants. Strap-on sorti du tiroir – cuir italien, veines saillantes. Je la pénètre, profonde, ses seins ballottant. ‘Plus fort, casse-moi !’ Orgasme simultané, chairs palpitantes, jus partout sur le tapis persan.
L’Approche
Le calme revient, luxueux. Cheminée ronronne encore. Karolina, pantelante, bas déchirés, lèvres tuméfiées. Je me relève, nue, glisse dans une robe de soie noire, fluide sur ma peau moite. Parfum rependu, bijoux – collier de perles, boucles d’oreilles diamant – remit avec grâce. Elle m’observe, air repu, vaincu. ‘Stuttgart demain’, dit-elle, voix rauque. Je souris, froide. ‘Peut-être.’ Un dernier baiser, fugace, goût de nous. Elle rhabille, trench-coat boutonné, disparaît dans la nuit ardéchoise. Moi, verre de whisky en main, je m’affale dans mon fauteuil. Anonyme à nouveau, reine du Club VIP invisible. Le chien gémit dehors. Demain, nouvelle identité, nouvelle fuite. Mais ce soir, privilège charnel savouré. Exclusivité pure.