Le portail métallique grince à peine. Ma Mercedes glisse dans l’ombre du motel, ce bastion du vice chic à Rio, fin des années 80. Haut mur, guichet anonyme, suites pavillonnaires pour amants pressés. Luxe discret, pour nous, cadres supérieurs qui craquons après le pagode. Cécilia, c’est moi, chef d’équipe tech, divorcée pimpante. Lui, le Français expatrié, solide, regard conquérant. On sort du boulot mêlé à la fête, bières, samba collante. Ses mains sur mes hanches déjà, au bar d’Ipanema. Langue anglaise, sourires complices. Minuit sonne, pagode enfumé, corps fondus. Son bassin contre le mien, frissons électriques.
On appelle le taxi. Baiser vorace dehors, air tiède de la nuit carioca. Chez lui d’abord, mais ce soir, direction le motel. Institution brésilienne, baisodrome premium. Je paie au guichet, clé en main. Garage avalé, porte bascule. Silence feutré nous enveloppe. Salle à manger dressée, room service prêt. Chambre immense : lit rond deux mètres, miroirs partout, plafond inclus. Piscinelette turquoise, sauna fumant, douche italienne à jets. Soie des draps satinés effleure ma peau, chair de poule. Il me fixe, yeux brûlants. ‘Cécilia, ton sourire au bureau me rend fou.’ Je ris, doigts sur sa chemise. Convenances pros ? Foutaises. Le décorum craque. Je noue mes bras à son cou, lèvres frôlent. Décision muette : on baise, ici, maintenant.
L’Approche
Piscine d’abord. Eau tiède clapote. Je le poursuis, nue, riant comme gamine. Il m’attrape, dos contre carrelage mouillé. Sa queue durcit contre mon ventre. ‘T’es trempée, salope.’ Voix rauque, accent français. Je mords son épaule. ‘Baise-moi fort, gringo.’ Il me soulève, jambes autour de sa taille. Pénètre d’un coup sec. Eau gicle, miroirs renvoient nos ombres déformées. Sortis ruisselants, lit rond nous happe. Position cuillère, face miroir. Sa main sur ma fente, doigts experts. Je halète, ‘Lèche-moi.’ Langue vorace, je jouis profond, dos cambré. Levrette ensuite, tête dans oreillers soyeux pour muffler cris. Il aspire mes fesses, sodomie glissante, plaisir anal qui me tord. ‘Ta queue en moi, tout !’ Dialogues sales chuchotés, contrastant silence ouaté du lieu. Position favorite : moi dos, jambes haut, lui latéral, bas-ventre collé. Tout y passe, cuni, pénétration, va-et-vient lents puis furieux. Dix Cécilia dans les miroirs, haletantes, seins ballottants, sueur luisante. Goût de sa peau salée, cachaça room-service bue bouche à bouche, brûlure alcoolique sur langues mêlées. Orgasme simultané, corps secoués, sperme chaud en moi. Épuisés, enlacés satin froid.
Calme retombe, luxe feutré reprend droits. Miroirs encore embués, piscine immobile. Je me rhabille : jupe crayon, talons repris, soie tailleur glisse sensuelle. Lui, chemise froissée, sourire repu. Un dernier baiser, whisky avalé. Garage s’ouvre. Portail sortie, guichet cash rapide. Anonymat total, haute société carioca. Disparue dans la nuit pentue, favela en surplomb ignorée. Retour à l’appart, torrent murmure derrière bosquet. Privilège charnel, décorum intact. Demain, bureau, regards complices. Club VIP sait : le feu sous bijoux.