La portière claque feutré. Je m’installe sur la banquette de cuir blanc immaculé de cette Silver Ghost de 1910. L’odeur envahit tout : cuir vieilli, tabac français sans filtre, un fond de whisky single malt. Londres dehors, brume épaisse, réverbères jaunâtres qui percent à peine. Mes bottes montantes blanches frottent le tapis persan. Jupe courte en cuir moulant mes cuisses, tunique psychédélique qui glisse sur ma peau comme une caresse interdite. Mes cheveux roux cascadent, en feu sous les lueurs sporadiques.
L’homme au cheveux poivre et sel me fixe. Costume rayé sombre, cravate soie assouplie. Il tire sur sa Gitane, expire lent. Ses yeux sombres percent mon ennui sophistiqué. ‘Melody Nelson’, je murmure, lèvres entrouvertes. Il sourit carnassier. ‘Monte pour de bon.’ La Rolls ronronne, avance dans la ruelle déserte. Silence feutré, seulement le glissement des pneus sur pavés luisants. Son genou effleure le mien. Chaleur monte. Je croise les jambes, mais trop tard, le feu est allumé.
L’Approche dans l’Habitacle de Luxe
Je penche la tête, frange rousse sur mes yeux insondables. Il pose sa main gantée sur ma cuisse. Cuir contre cuir, crissement discret. ‘T’es une vision, Melody. Spirit of Ecstasy en chair.’ Sa voix rauque, accent british chic. Je ris bas, gorge déployée. Le champagne attend dans un seau à glace sur la console. Il sert, bulles pétillent contre cristal Baccarat. Goût sec, frais, explose en bouche. Verres tintent. Regards se verrouillent. Convenances craquent. Ma main glisse sur son entrejambe. Dur déjà. Il grogne. ‘Pas ici ? Si, putain, ici.’ Décision prise. Luxe appelle le vice.
La vitre teintée monte. Isolation parfaite. Il m’attire, bouche sur la mienne. Langue invasive, goût de tabac et champagne. Mains partout. Il déchire ma tunique, tétons durcis frottent soie déchirée. Je gémis, ongles dans son dos. ‘Baise-moi comme une pute de luxe.’ Il rit, sombre. Pantalon défait, queue raide jaillit. Je m’agenouille sur la banquette, bouche avide. Sucée profonde, salive coule, bruits obscènes claquent contre ronron du moteur. Il empoigne mes cheveux roux. ‘T’es ma Melody, salope en blanc.’
L’Explosion Charnele sur Cuir et Satin
Il me bascule sur le dos. Jupe relevée, string arraché. Cuisses écartées, il plonge. Queue massive, un coup sec. Pleine, étirée. Je hurle, plaisir viscéral. Hanches claquent, sueur perle sur soie. ‘Plus fort, défonce-moi !’ Il obéit, pilonne sauvage. Seins ballottent, bottes contre tableau de bord. Odeur de sexe cru envahit l’habitacle précieux. Gémissements rauques, ‘Ta chatte est un étau de velours.’ Orgasme monte, vague déferlante. Je jouis, corps cambré, ongles enfoncés. Il explose dedans, chaud, abondant. Silence retombe, halètes saccadés.
Calme luxueux reprend. Il s’effondre, cigarette rallumée. Je me redresse, élégante même en débraillée. Tunique remise, jupe lissée. Maquillage intact, lèvres gonflées sourire. ‘Merci pour le lift, chéri.’ Il tend du cash, épais. Je refuse d’un geste chic. Portière s’ouvre. Brume m’avale. Cheveux roux s’évanouissent sous néons. L’ombre en imperméable ? Oubliée. Haute société anonyme m’attend. Disparue, comme un air de Gainsbourg dans la nuit.