La petite voiture noire glisse au fond du cul-de-sac, rues sinueuses d’une cité chic. GPS impeccable. Je pose ma tête sur le volant. Martine, c’est moi aujourd’hui, mais anonyme dans ce jeu pervers. Rouge partout : manteau court, jupe mini, cuissardes luisantes, bas noirs soyeux qui frôlent mes cuisses comme une caresse interdite. Maquillage écarlate, yeux charbonneux. Pute voyante, exigé par Laurent, mon mari complice. Le cœur bat. Blaise attend, privé de sexe des mois. Un papier à lui soutirer pour preuve. Merde, quel guêpier. Je sors, sonne. Porte s’ouvre. Blaise, géant charismatique, deux mètres de muscles tendus. Sourire carnassier. Cuisine américaine immense, marbre poli, silence feutré comme un club VIP. Trépieds caméras, pro. Il modifie mes traits, perruque blonde. Je me regarde : étrangère sexy. Jeu de regards. Ses yeux dévorent mes courbes sous le tablier blanc à carreaux. Bas soyeux glissent sur peau, frissons. Il montre tiroirs, condiments alignés comme bijoux. Tyrion arrive, nain gouailleur, cameraman star du X. Verre de champagne pétillant, bulles acides sur langue. Goût de luxe, de vice. Je flirte. ‘Tout est grand chez moi.’ Inquiétude et mouille. Décorum craque. Je cède. Tablier noué, seins lourds qui débordent, fente luisante. Prête.