La neige tombe dru dehors, transformant la place en joyau illuminé. Dedans, mon bar jazz respire le luxe discret : plafond laqué noir, murs en acajou et pin, moquette gris foncé étouffant les pas. Halogènes tamisés caressent les photos de jazzmen. Je suis au piano, en noir total, cheveux cascadant jusqu’aux reins. Monk sous mes doigts, silence religieux des clients en cuir bordeaux.

Il entre, Philippe, grand, épaules larges sous son manteau mouillé. Architecte éconduit, perdu dans la ville. Il s’installe près de l’estrade, commande un Perrier. Nos regards se croisent quand je ferme les yeux sur une phrase ardente. Chopin, Beethoven, puis Schubert à quatre mains. Il ose. Je l’invite sur le tabouret trop étroit. Nos hanches se frôlent, épaules collent. Sa technique impitoyable répond à la mienne. Sueur perle déjà. Il joue pour moi, Liszt en transe, mes yeux noirs le dévorent. Trevor ferme, champagne coule, bulles pétillantes sur la langue, goût de fruits confits, tartelettes croustillantes.

L’Approche

Rires, chatouilles au clavier. Ma robe noire remonte, ses mains effleurent mes seins gainés de satin. Parfum de mes cheveux l’enivre. ‘Il faut y aller’, je murmure, voix rauque. Dehors, froid mordant. Je l’attire contre moi, sa chaleur contre ma taille fine. Porte massive s’ouvre. Hall sombre, escaliers : baisers voraces, cravates arrachées, cheveux défaits.

Dans mon appartement haussmannien, canapés profonds, soie partout. Je le chevauche, bataille sa cravate. Zip de ma robe descend, soutif blanc dentelle jaillit. Ses lèvres happent mes tétons durcis à travers le tissu. Chemise ouverte, mes ongles griffent son torse poilu. Bas soyeux glissent sous ses paumes, chaleur monte de mes cuisses. ‘Viens au lit’, je halète.

L’Explosion

Il me porte, robe tire-bouchon. Sur les draps satinés, nue sauf bas luisants, je l’agonis. Son sexe dressé palpite, veines saillantes. Je le branle contre mon ventre, culotte trempée. Ses doigts fouillent ma chatte, clito gonflé. Langues s’emmêlent, dents claquent. Je l’attire, guide sa queue raide entre mes lèvres luisantes. ‘Baise-moi fort’, je gémis, ongles en ses fesses. Il s’enfonce, fourreau brûlant l’enserre. Hanches claquent, sueur colle nos peaux. ‘Plus profond, putain’, je crie, cuisses serrées douloureusement. Sa bite gonfle, mon jus ruisselle sur ses couilles. Orgasme nous fracasse : il jouit en jets chauds, ma chatte convulse, cris étouffés dans coussins luxueux.

Épuisés, emboîtés. Ses baisers sur mon cou, je le berce. Sommeil nous prend, sécrétions collantes entre nous. Matin pointe, lumière filtrant volets. Je me dégage doucement, corps endolori délicieusement. Douche rapide, eau chaude ruisselle sur seins marqués, chatte encore palpitante. Je m’habille : lingerie fine, robe crayon noire, escarpins Louboutin. Bijoux discrets scintillent. Visage poudré, lèvres rouge sang. Il dort, angélique. Mot sur table : ‘Reviens jouer un jour. Anonyme.’ Porte claque feutré. Dehors, neige fond, haute société m’engloutit. Privilège intact, feu couve.

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