La salle de billard de l’Overlook respire le vice chic. Billes d’ivoire luisant sous les lustres en cristal taillé. Tapis persan étouffant les pas. Air chargé de cigares cubains et de cuir ciré. Je glisse ma robe de soie noire contre ma peau, perles au cou qui dansent à chaque souffle. Les smokings blancs des employés flottent comme des fantômes. Mais ce soir, c’est lui qui m’accroche. Don Booth, le détective yankee, vautré sur le green baize, queue de billard en main. Ses yeux bleus me transpercent, balayant mes courbes comme un projecteur Hollywoodien.
Je m’appuie au bord de la table, hanches cambrées. Le bois poli caresse mes cuisses nues sous la soie. Il ricane, avale une gorgée de bourbon du minibar. ‘Anonyme, hein ? T’as l’air d’une qui sait viser.’ Son accent râpeux m’excite déjà. Je penche la tête, lèvres humides de gloss Chanel. Le silence feutré amplifie nos souffles. Autour, le manoir ronronne : vague du lac contre l’île-banane, brume dehors. Mais ici, tension électrique. Il s’approche, queue en main, effleure mon poignet. Peau qui frissonne. Décorum ? Foutaises. Mon feu intérieur craque la glace.
L’Approche feutrée
Je décide. Oublie les convenances, les autres invités au dîner. Ce corps massif, cette arrogance. Je veux le briser. Il pose la queue, main sur ma taille. ‘T’es pas là pour les enquêtes, salope.’ Voix basse, rauque. Je souris, ongles dans son smoking. Parfum boisé, sueur sous le tissu amidonné. Le désir pulse. Je cède, lèvres contre son oreille : ‘Baise-moi ici, Don. Montre-moi ton calibre.’
La soie glisse au sol, murmure feutré. Il me plaque sur la table, feutre doux sous mes seins lourds. Billes roulent, tintent comme des orgasmes lointains. Sa bouche dévore mon cou, goût salé de peau chauffée. Mains rugueuses pétrissent mes fesses, écartent mes cuisses. ‘Putain, t’es trempée, riche salope.’ Je gémis, ongles dans son dos. Il déboutonne son froc, queue raide jaillit, veineuse, prépuce tendu. Goût de bourbon quand je l’avale, gorge profonde, salive coulant sur mes perles.
L’Explosion sauvage
Il me retourne, cul en l’air sur le feutre vert. Entrée brutale, à sec. ‘Aaaah ! Défonce-moi !’ Cris étouffés par le tapis épais. Table grince sous les coups de boutoir. Sa sueur goutte sur mes reins, brûlante. Sensations VIP : soie froissée à mes pieds, cristal qui tinte au rythme des claques sur mes fesses. ‘T’aimes ça, hein, dans ton palace ?’ ‘Oui, plus fort, animal !’ Dialogues sales sous les draps imaginaires, ventres claquent, mouille gicle sur le billard. Orgasme monte, cuisses tremblent, il grogne, me remplit d’un jet chaud, visqueux.
Silence retombe, luxueux. Halètes saccadés. Il se retire, sperme coule le long de mes cuisses. Je me redresse, jambes flageolantes. Miroir ancien reflète ma crinière défaite, lèvres gonflées. Élégance reprend : soie remonte, perles se recentrent. Parfum re-sprayé, gloss retouché. Il reboutonne, sourire carnassier. ‘T’es une diablesse, Anonyme.’ Je l’ignore, talons claquent feutrés. Disparais dans le couloir brumeux, anonyme haute société. L’Overlook avale mes secrets, île close protège mes privilèges charnels. Demain, décorum intact. Feu couve.